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PRESENTATION LIVRE : HELENE POLYDOROS
le 26/9/2009 13:05:33

Livre d’Hélène Polydoros "Terre d'asile Terre d'exil"

Sortie du livre d’Hélène POLYDOROS
helenepoly@gmail.com


Voici le résumé de son livre qui compte 387 pages ; il traite de la période d’immigration des Grecs à Marseille et dans la région après 1940.

Mars 1946. Dimitri et Stavro débarquent à Marseille. Direction : Port de Bouc, un petit port de construction navale au bord de la Méditerranée.
La communauté grecque accueille les deux garçons. Beaucoup sont très pauvres et vivent dans des baraques sans eau ni électricité. Ils s’appellent Théodorakis, Costa, Barbayanni, Melina, Crissoula, Yorgo, …..Ils viennent de Chypre, de Samos, de Kalymnos, de Kastelloriso, d’Asie Mineure… Des souvenirs de déchirures, d’exil… un quotidien de labeur mais aussi de fête… Un goût de la vie qu’ils transmettront à leurs enfants.

J’ouvre mon livre au premier chapitre avec l’espoir que Dimitri et Stavro vous entraîneront dans leur histoire qui est peut être un peu la vôtre…

Chapitre I
C’était un soir de mars, un soir de mars 1946. Après un long hiver la ville sortait à grand-peine de son engourdissement, une brise légère caressait la mer, emportant loin par-delà le rivage son odeur d’iode et d’embruns. Des hommes descendaient la Canebière d’un pas léger, le pont transbordeur, leur tour Eiffel à eux, avait été détruit pendant la guerre, mais le Vieux-Port, entre le fort Saint Jean et le fort Saint Nicolas, avec la bonne Mère de bleu et d’or sur ses hauteurs, n’avait rien perdu de sa splendeur. Un couple, assis sur un banc, contemplait le paysage, des personnes flânaient, d’autres semblaient attendre, quelques mouettes vagabondes ballottaient leurs postérieurs blancs de gauche à droite ; en ce début de printemps la journée se prolongeait plus tard que d’habitude, nul n’avait hâte de rentrer, le temps incitait à la paresse.
Un chien, tiré soudain de son sommeil, se mit à aboyer, babines retroussées face à la mer. Le couple se leva, les oiseaux s’enfuirent, quelqu’un pointa un doigt vers l’horizon... une masse sombre émergeait de la brume. Un mouvement, un bruit, et l’histoire se remit en marche.
Le navire accosta dans le port de Marseille, lourd d’hommes, de femmes et d’enfants. Le quai tout à coup s’anima, des gens hurlaient, les mains en cornet autour de la bouche, d’autres agitaient leur chapeau, leur mouchoir, faisaient de grands gestes en direction des passagers, cherchaient le parent, l’ami, “Christaki, Yolanda, hou, hou !”
La même effervescence régnait sur le pont. Partout on se bousculait, des recommandations à peine audibles fusaient en vain des haut-parleurs, l’équipage submergé n’arrivait plus à endiguer cette marée humaine... Les enfants, au bord de l’asphyxie, levaient la tête à la recherche d’un peu d’air. « Regardez ! Regardez ! » s’écria l’un d’eux, les yeux levés vers le ciel. Un adulte, puis deux, puis trois, suivit son regard, et ce fut le tollé général : Sur les hauteurs de Saint Victor la Vierge scintillait en plein ciel, l’Enfant Jésus dans Ses bras, la ville à Ses pieds, sereine. On eut cru que le port, les maisons, les bateaux, la population entière, étaient placés sous Sa protection. Dimitri et Stavro se signèrent, comme il était d’usage dans leur pays à la vue d’une icône ou d’un lieu saint, mais ce soir là un silence pieux accompagna leur geste, peut être même une prière. Et la foule les emporta. Un enfant s’agrippa à leurs jambes, un autre, courbé sous le poids d’un balluchon plus gros que lui, les percuta de plein fouet. Sans un regard, sans une excuse. Il fonçait droit devant lui, tête baissée, tel un bison dans un troupeau affolé. Un vieillard blotti dans un coin attendait que la horde passe. Une fillette pleurait. Seul son visage émergeait d’entre ces corps, petite frimousse à la tignasse brune et aux joues barbouillées par les larmes. Une femme tentait de la consoler mais la pauvrette avait déjà fort à faire avec un bébé dans les bras, un sac, et une couverture qui menaçait de la faire tomber à chaque pas. Un homme brun aux moustaches et aux valises imposantes leur frayait à grand-peine un passage. Il se retournait pour s’assurer de leur présence, hurlait leur nom dès qu’il ne les apercevait plus. Sa voix puissante leur servait alors de guide. Il parlait une langue aux sonorités chantantes. Grec, Italien, Arménien, qu’importe ! Nul besoin de mots pour comprendre. Ces hommes, ces femmes, ces familles entières, émigraient, poussés par la misère ou la guerre, traînant à leur suite un nombre impressionnant de paquets ficelés les uns aux autres, de valises en carton et d’enfants de tout âge. Leur espoir se résumait à deux mots : paix et pain, ils laissaient aux autres le bonheur, cette préoccupation existentielle de gens au ventre plein.

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