ARSENIOS YANNOUKOS

Date 4/4/2026 15:25:16 | Topic: RESUMES-(cliquez)

Arsenios YanNoukos : Le premier desservant du culte Grec-Orthodoxe à Marseille

L’archimandrite Arsenios YanNoukos, ancien aumônier orthodoxe (et recruteur de soldats grecs) dans les armées napoléoniennes, qu’il a intégrées lors du retour de l’expédition d’Égypte.

Installé à Marseille puis à Paris au lendemain de l’Empire, il réclame sans succès l’autorisation d’y célébrer le culte orthodoxe, qui s'organise alors de manière semi-clandestine chez des particuliers. En 1820, il est formellement invité par des marchands grecs de Marseille à devenir le premier desservant du culte grec-orthodoxe dans la ville : celui-ci est alors célébré dans un petit local que le consul ottoman (le Grec Demetrios Kapoudas) loue dans l'actuel quartier de la Plaine, qui est alors un faubourg de la ville. C’est donc depuis le port provençal qu'Arsenios vit l’éclatement d’une révolution pour laquelle il fait très rapidement fait et cause : dès l’été 1821, on le retrouve bénissant la première expédition philhellène au départ de Marseille ; en 1825, il fait partie des quatre Grecs membres du comité (provisoire) philhellénique de la ville.
Au fur et à mesure que les combats se poursuivent, la révolution cristallise les tensions au sein de la petite communauté grecque de Marseille ; à l’automne 1825, le papas Arsenios apostrophe en chaire le grand négociant et armateur Georgios Zizinia, qu'il accuse de faire construire dans les arsenaux phocéens des navires de guerre pour le pacha d’Égypte, alors allié du sultan ottoman. Le réquisitoire est impitoyable et la conclusion mêle les registres ecclésiastique (excommunication) et politique (déchéance civique) :
"Je vous rejette, vous et vos complices du sein de l’Église du Christ et la patrie, par ma voix, vous déclare déchu des droits de citoyen grec et indigne d’en porter le nom".
En réaction, les principaux négociants grecs de Marseille, solidaires de Zizinia, instaurent l'épreuve de force, en poussant les Grecs de Marseille à boycotter l’église orthodoxe. Le bras de fer ne trouve alors son dénouement qu’avec la démission d’Arsenios et sa décision de partir pour le champ de bataille : désormais déchu de sa cure au profit d’un collègue plus inféodé aux intérêts des grands marchands locaux, Arsenios se charge, pendant l’été 1826, de porter lui-même la bannière qu'adresse le comité grec de Marseille aux défenseurs du siège de Missolonghi.
L'ancien papas trouve rapidement la mort aux côtés de ses compatriotes insurgés, tandis que les négociants grecs de Marseille s'emploient à noircir la mémoire d’un individu qu’ils présentent comme un exalté, uniquement motivé par une rancœur personnelle à l'encontre de Zizinia. Dix ans après la mort d’Arsenios, le ministre grec des Affaires étrangères déplore encore auprès du roi Othon Ier " un acte ridicule d’excommunication lancé dans une époque désastreuse par un prêtre également fou et fanatique". Sévère épitaphe pour ce personnage turbulent à la trajectoire atypique.




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