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RESUMES-(cliquez) : IMBROS ET TENEDOS
le 24/2/2010 19:59:01

Imbros et Ténédos : Iles martyres de l’Egée

Avant que vous ne commenciez à lire l’article sur Imbros et Ténédos, nous vous communiquons que, le 23 février 2010, à Strasbourg, le tribunal européen des Droits de l’Homme a donné gain de cause à Madame Katérina Agnidis et à sa fille Evridiki qui avaient perdu tous leurs biens lorsqu’elles ont été chassées par les Turcs.
Second communiqué : les Grecs de la Diaspora de Constantinople, d’Imbros et Ténédos ont déposé au Parlement grec un dossier dans lequel figurent leurs plaintes et leur mécontentement concernant leur vie en Turquie.


Imbros et Ténédos
Iles martyres de l’Egée

Habitées dès le 8ème siècle av JC par des peuplades helléniques ayant participé à la guerre de Troie selon une citation d’Homère dans l’Iliade, elles sont été habitées depuis 494 av JC par Miltiadis et les Athéniens témoignant par la même d’une présence continue malgré les conquérants successifs.
Au 5ème siècle, Ténédos a été le siège d’un Evêché dont les Evêques ont participé tant au 3ème Concile œcuménique d’Ephèse qu’au 4ème Concile œcuménique de Chalcédoine.
De par leur position géographique, ces îles constituaient un objectif stratégique que se disputèrent, dès l’époque byzantine, Vénitiens, Genevois, Pirates et Slaves. C’est ainsi que, pendant le millénaire de Byzance, ces îles ont forgé leur caractère helléno-chrétien tout en parvenant, après la chute de Constantinople, à préserver, oh combien fidèlement, leurs traditions.
Nous le devons à Kritovoulos d’Imbros qui fut l’historiographe de Mehmet le Conquérant et simultanément le premier érudit hellène qui entra à son service. Il parvint à négocier avec le Sultan des conditions qui permirent la survie de l’hellénisme pendant le long hiver de l’hégémonie turque.
En 1912, ces îles furent libérées par la flotte hellénique, sous le commandement de l’Amiral P. Koundourioti, et intégrées officiellement à l’Hellade par le Traité de Sèvres, le 10 août 1920. Imbros comptait, à l’époque, 9 207 habitants (tous hellènes). A Ténédos, sur les 6 620 habitants 5 420 étaient Hellènes et 1 200 Turcs. Après la catastrophe d’Asie Mineure, lors des discussions qui ont conduit à la signature du Traité de Lausanne, les Turcs exigeaient, instamment, la remise de ces îles à la Turquie, en faisant valoir le fait qu’elles se trouvaient en face de l’entrée du détroit des Dardanelles. Imbros est à moins de 12 miles nautiques de cette entrée et Ténédos à 12. Lord Corzon, pour s’assurer de la libre navigation à travers les détroits pour les navires des grandes puissances, a cru bon d’offrir ces îles à la Turquie. Ce geste concernant Imbros, peuplée exclusivement d’Hellènes, et Ténédos, à population hellène à 78% provoqua les plus vives protestations des populations.
Cependant cette cession, conformément à l’article 14 du Traité de Lausanne que signèrent toutes les parties concernées y compris la Turquie, précisait ce qui suit : «Les îles Imbros et Ténédos, sous souveraineté turque, jouiraient d’une organisation d’administration spéciale, composée d’éléments autochtones, donnant toutes garanties à la population locale non musulmane en ce qui concerne l’autogestion locale ainsi que la protection des personnes et des biens.
Le maintien de l’ordre serait assuré par une police, recrutée parmi la population autochtone et confiée aux bons soins de l’Administration locale prévue, sous les ordres de laquelle elle se trouvait placée».
Le Traité de Lausanne prévoit donc, de la manière la plus formelle et catégorique, que les Hellènes disposeront d’une organisation spéciale qui s’appuierait sur les seuls habitants de ces îles. La panique qui a suivi la Cession des îles fut telle qu’elle entraîna un premier départ d’une population terrifiée, ceci malgré les assurances données par la Grèce et par des hommes comme Vénizélos, Plastiras et Alexandris (ministre des Affaires Etrangères) en se basant sur les articles 14 et de 37 à 42. Traité de Lausanne : signature le 4 octobre 1923 du Protocole de Cession à la Turquie des deux îles grecques, conformément aux clauses prévues par le Traité. Les Turcs cependant ne savent pas lire les obligations qui découlent des engagements qu’ils assument.
La seule chose qu’ils savent lire c’est ce qu’ils ont obtenu, ce qu’ils vont prendre. Le reste c’est, pour eux, des considérations littéraires, que tôt ou tard, ils ignoreront. Il en a été ainsi en la circonstance. Avant que ne sèche vraiment l’encre des signatures qu’ils ont apposées, ils nommèrent un Gouverneur turc et mirent des officiers turcs à la tête de la justice, des douanes et des autorités portuaires.
Au lieu de la protection de l’enseignement public, prévue par l’article 41 du Traité, ils firent obligation aux écoles grecques d’engager comme instituteurs des Officiers de Réserves de l’armée turque. Ils limitèrent les heures d’enseignement de la langue grecque à une heure seulement par jour. Aussitôt après, ils obligèrent les instituteurs grecs à passer des examens afin de contrôler leur niveau de connaissance en langue turque. Il était naturel que tous ceux qui provenaient de Grèce soient renvoyés aussitôt.
En juin 1927, la Turquie procède au vote de la loi 1151 par laquelle elle officialisait le droit direct qu’elle s’octroyait de gérer les deux îles, annulant, par là même, l’enseignement grec et imposant ainsi le système d’enseignement turc appliqué sur le continent.
La colonisation des îles : la première tentative de coloniser les deux îles grecques fut tentée, comme toujours, quand l’occasion favorable se fut présentée et qui n’était autre que la 2ème guerre mondiale, quand la Turquie, forte de la sécurité que lui assurait sa “neutralité”, en profitait pour négocier tantôt avec les forces de l’Axe et tantôt avec les alliés. Elle monnayait, ni plus ni moins, que son entrée en guerre contre des concessions territoriales au détriment de l’intégrité territoriale de la Grèce dont la Nation tout entière s’était dressée, comme un seul homme, contre l’Italie d’abord puis contre l’Allemagne venue au secours des “fascistes” en difficulté.
Alors que le monde entier vivait la tragédie de la guerre mondiale, la Turquie de 1942 trouva le moyen de s’approprier les biens fonciers du Monastère de la grande Laure afin d’y installer 150 familles de colons en provenance de la région pontique.
En 1951, la Turquie, qui avait établi un projet d’infiltration des populations musulmanes de Thrace occidentale, par le biais de l’enseignement simula un semblant de retrait stratégique par l’annulation de la loi 1151 de 1927 donnant l’occasion, aux habitants des deux îles, de vivre momentanément un renouveau spirituel qui ne devait d’ailleurs durer que le temps de mettre en application ses plans en Thrace occidentale. Après qu’elle eut entraîné la Grèce à apposer sa signature au bas d’un accord culturel, il ne restait plus aux Turcs que d’attendre patiemment qu’une nouvelle occasion se présente pour progresser vers l’anéantissement total de l’hellénisme d’Imbros et Ténédos, à partir notamment de 1961.
Le prétexte chypriote : la loi 502 fut votée au pied levé par l’Assemblée Nationale Turque. Elle remettait en vigueur la fameuse loi 1151 de 1927 qui avait étranglé l’enseignement du Grec dans ces îles.
Parallèlement était mis en application le “plan d’anéantissement de l’hellénisme” dans les îles : les Turcs confisquent les biens immobiliers des écoles grecques. Ils s’approprient toutes les surfaces cultivables moyennant des indemnités à vil prix. Ils interdisent la pêche de telle sorte à soustraire la dernière ressource de travail des habitants. Le Métropolite ainsi que les notables d’Imbros étaient exilés en Asie Mineure. Les Turcs procèdent à l’installation de “camps de gendarmerie” et créent “l’Internat turc des Instituteurs”. Ils transfèrent des colons du Pont Euxin ainsi que des réfugiés de Bulgarie. Puis, en 1967, c’est le transfert de Turquie des prisonniers condamnés à de lourdes peines, suivie de leur installation dans des zones à dense population. Il s’agissait d’une prison ouverte en milieu agricole.
Les habitants grecs des îles vivent des jours tragiques et la panique ainsi créée produit l’effet escompté : le départ des Grecs de leurs lieux ancestraux. Ils abandonnent leurs foyers aux Turcs afin qu’ils aient au moins la vie sauve.
Pour que les Turcs continuent d’avancer sans obstacle sur la voie d’une intégration totale des deux îles par l’extermination des habitants, ils déclarent la région comme “zone de surveillance” avec comme résultat que soit exigée, pour toute visite dans l’une ou l’autre de ces malheureuses îles, l’autorisation spéciale du préfet des Dardanelles.
En 1973 : la Turquie transforme le nom d’Imbros en Gokceada. A Panagia, les Turcs édifient une mosquée qu’ils nomment symboliquement “Fatih”, c’est-à-dire “conquérant”. Cette même méthode de colonisation et d’intégration à la Turquie qui a été appliquée à Imbros et à Ténédos, devant l’indifférence coupable de la Grèce et des autres puissances signataires de Lausanne, s’applique aujourd’hui à Chypre, en attendant que vienne le tour de l’Egée et de la Thrace. Les Turcs comptent bien que la Grèce, au nom du politiquement correct et pour suivre les conseils de ses grands alliés historiques, continuera à leur remettre, sans combat, des foyers où ont fleuri pendant des siècles l’hellénisme et la civilisation chrétienne.
87 ans après le Traité de Lausanne, la population grecque d’Imbros qui était de 100% n’est plus que de 2%. Quant à Ténédos, elle est désormais inférieure à 1%.
Posons-nous des questions : jusqu’à quand la Grèce supportera-t-elle sans réagir à l’expansionnisme turc ? Jusqu’à quand tolérera-t-elle ce qui se passe non seulement à Imbros et à Ténédos mais à Constantinople où le nombre d’attentats contre sa sainteté, le Patriarche œcuménique, Bartholoméos Ier, ne se comptent plus. Entre les méfaits précédents s’en est glissé un autre, à Imbros celui-là : le jour de Noël de 1988, des vandales ont détruit l’église de la mère de Dieu. L’entrée et tout ce qu’il y avait à l’intérieur a été détruit. Signalons que cette église avait été rénovée, l’an dernier, à l’aide de fonds collectés à l’étranger par des Imbiens d’origine. Depuis 20 ans, des monuments religieux sont détruits sans que jamais on arrête un seul coupable. Pourquoi ?


(Source de Léonidas KOUMAKIS)

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