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RESUMES-(cliquez) : THEODOROS ANGELOPOULOS
le 25/1/2012 9:49:00

Théo Angelopoulos accidentellement tué par un motard

Le réalisateur grec Théo Angelopoulos, 76 ans, a succombé le mardi 24 janvier au soir à une hémorragie cérébrale dans un hôpital près du Pirée où il avait été admis après avoir été renversé par un motard dans la rue, a indiqué la télévision publique NET.Figure emblématique du "Nouveau cinéma" grec à partir des années 1970 et lauréat de la Palme d'or de Cannes en 1998 pour son film "L'Eternité et un jour", Angelopoulos a réalisé une quinzaine de films, retraçant pour la plupart l'histoire et la société de la Grèce contemporaine, et caractérisés par de longs et silencieux plans sur fond de paysages de son pays.

C’est en 1970 qu’un événement important va se produire et contribuera par la suite à porter le cinéma grec au devant de la scène internationale. Il s’agit de la présentation d’un premier long métrage réalisé par Théodoros Angelopoulos, " La Reconstitution ", au Festival de Thessalonique et qui remporte le Grand Prix. Le film nous raconte l’histoire d’un émigré qui, à son retour d’Allemagne, est assassiné dans un village de l’Epire par sa femme et l’amant de celle-ci. A travers l’intrigue policière, le réalisateur s’attache à la description d’un milieu social, avec ses implications politiques, qu’elles soient individuelles ou collectives.
Contemporain de Godard et de Bertolucci, ainsi que d’Oshima, Angelopoulos fit ses premiers pas de cinéphile à Paris dans les années soixante. Il n’a jamais caché son admiration pour Mizoguchi et Antonioni.
La dictature des colonels, qui avait étranglé la Grèce de 1967 à 1974, encouragea Angelopoulos, qui faisait ses premiers pas de cinéaste à la même époque, à opposer à ce régime une attitude de refus.
Face à la manipulation du pouvoir en place, il fallait réagir, répondre par une démarche critique; Angelopoulos va s’y employer par la réalisation de plusieurs longs métrages : " Jours de 36 " (1972), " Le voyage des comédiens " (1975), " Les chasseurs " (1977). Ces trois films constituent une véritable trilogie sur l’histoire de la Grèce contemporaine. Ils seront suivis par " Alexandre le Grand " en 1981. Mais le retour à la démocratie parlementaire et le désenchantement qui saisira alors Angelopoulos, le conduira dans ses œuvres futures à s’orienter vers l’intériorité de l’âme : " Le voyage à Cythère " (1984), " L’apiculteur " (1986), " Paysage dans le brouillard " (1988), " Le pas suspendu de la cigogne " (1991), ont une tournure nettement plus " existentialiste ".
On a dit d’Angelopoulos que sa maîtrise était " asphyxiante ", mais le journaliste critique Michel Ciment souligne qu’Angelopoulos " appartient à cette catégorie d’artistes qui, par cercles de plus en plus larges, tentent d’appréhender le maximum de réalité ". On ne s’étonnera donc pas que soit apparue en Grèce un metteur en scène pour qui " poésie et philosophie ne font qu’un, pour qui le cinéma est à la fois interrogation et " affirmation. N’est-il pas beau qu’un artiste puisse à la fois chanter le monde et le « questionner ? » Angelopoulos obtiendra une reconnaissance internationale bien méritée en décrochant la Palme d’Or au Festival de Cannes en 1998, avec son film : " l’éternité et un jour " dont voici le résumé : un écrivain, Alexandre, sait qu’il vit son dernier jour ; demain, il rentre à l’hôpital et il n’en sortira plus. Il ferme une dernière fois les volets de sa maison du bord de mer, hanté par une certitude : il n’a pas su rendre à sa femme l’amour qu’elle lui portait. Au cours d’une dernière promenade en ville, il fait la connaissance d’un petit garçon albanais, clandestin, pourchassé par la police. Par cette rencontre, Alexandre trouvera une forme de rachat… pour une seule journée… pour l’éternité…La sécheresse de ce résumé ne peut rendre compte de la poésie qui se dégage de cette œuvre intimiste, dans laquelle le réalisateur paraît avoir mis une partie de lui-même. Il faudrait procéder à une analyse de l’œuvre d’Angelopoulos dans sa globalité pour en dégager les traits majeurs, mais ceci pourra faire l’objet d’une étude ultérieure. Comment passer sous silence " Le regard d’Ulysse " ou encore " Eleni ", son dernier opus, amorce d’une trilogie consacrée aux Grecs d’Odessa ? Nous invitons nos lecteurs à visionner ces films pour se faire une opinion du talent de ce réalisateur, qui a ouvert une voie royale en vue de la connaissance du cinéma grec contemporain. Beaucoup de jeunes réalisateurs grecs s’inspireront d’Angelopoulos, avec plus ou moins de bonheur , et une nouvelle ère s’ouvrira et nous en parlerons lors d’une prochaine rencontre. Car il reste beaucoup à dire sur ce cinéma grec contemporain, ne serait ce que dans le domaine du documentaire, du dessin animé, des séries télévisées, sans oublier ces Grecs qui travaillent ou ont travaillé à l’étranger ; nous pensons à Costas Gavras ; Jules Dassin appartient-il à la Grèce ? ) et à bien d’autres encore que nous ne saurions nommer.


(Extrait de l'article publié dans la revue grecque bimestrielle Acropolis n° 97, écrit par Henri Moreau avec pour titre "Panorama du cinéma grec" paru en 2007).

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