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CHYPRE : ΚΥΠΡΟΣ
le 18/4/2013 9:27:28

Une approche du rôle d’Ahmet Davutoglu dans le développement du néo-ottomanisme turc

L’arrivée, en 2002, au pouvoir en Turquie, des islamistes de l’AKP a semblé à un moment donné, changer la donne quant à la politique extérieure et intérieure du pays.
Concentrons-nous un peu sur le cas de Chypre pour analyser l’influence de l’idéologie de Davutoglu sur cette question.
Dès le début de son premier mandat, Recep Tayyip Erdogan, l’homme fort de l’AKP, a déclaré, à propos de Chypre, que le statu quo de non solution ne pouvait pas être considéré comme la solution du problème de Chypre. Jusqu’à là, tous les gouvernements successifs de la Turquie considéraient que le problème chypriote était résolu avec l’invasion de 1974.
La nouvelle position turque a pu, à un certain moment, jeter le trouble quant à la réelle volonté de la Turquie. Très vite, toutefois, le monde entier s’est aperçu que les actes ne suivaient pas les paroles. Il faut noter que la Turquie souhaitait effectivement une solution, susceptible de la libérer du fardeau chypriote qu’elle trouve devant elle sur tous les forums internationaux et notamment européens.
La solution préconisée par la Turquie était la création d’une sorte d’état impuissant et faible. Une confédération avec des liens très lâches. Plus encore, ce nouvel état ne pourrait rien décider sans l’aval de la Turquie, en particulier dans le domaine des prérogatives de souveraineté, comme l’espace aérien, les accords internationaux, etc.
La Turquie conserverait ainsi tous les « acquis » de l’invasion, avec le contrôle total de la partie nord de Chypre et acquérait, parallèlement, un droit de regard sur l’ensemble de l’île.
Tancrède Josseran, dans un très bon article sur la nouvelle politique étrangère turque, intitulé Turquie : repenser l’Empire, précise : « La République turque a été consacrée en 1923 par une double rupture politique et culturelle. En faisant table rase du passé théocratique et cosmopolite de l’empire ottoman, Mustafa Kemal, a voulu arrimer son pays à la modernité. Miroir négatif de l’identité turque, l’islam a été extirpé de la mémoire collective. Religion civique du nouvel Etat, la laïcité est devenue le point de départ et d’aboutissement obligatoire du projet d’ingénierie sociale des élites kémalistes ».
Davutoglu estime que le retrait et le désintérêt marqué d’Ankara pour l’ancien espace ottoman a créé un décalage. Il considère que la Turquie moderne née des révolutions menées par Atatürk n’a rien accompli de bon excepté l’intervention à Chypre et le succès obtenu concernant Alexandrette.
Le maître de la diplomatie turque estime également, que la Turquie doit redevenir un « état central » sur l’échiquier mondial. La Turquie, selon le ministre turc, possède tous les atouts pour y parvenir. Il suffit tout simplement, de les mette en œuvre. Dans cette optique, son pays a, à tort, pense-t-il, délaissé, depuis un siècle et l’instauration de la République, son rôle de pôle d’attraction et de leader, qui lui revient naturellement ; d’une part, la Turquie est un Etat laïc allié de l’Occident, mais en même temps, elle est l’héritière d’un califat musulman. Cette dualité lui permet de jouer un rôle de pont, un lien, entre ces deux mondes.
Dans cette perspective, la Turquie se présente comme le leader et l’exemple à suivre pour le monde arabo-musulman. Parallèlement, elle réclame sa place dans l’Union européenne, comme s’il s’agissait d’une chose qui lui est due, d’une chose naturelle, qui ne peut, en aucun cas, lui être refusée. Cette perception frôle l’incompréhension.
En ce qui concerne les relations entre la Turquie et l’Union européenne, la Turquie ne comprend pas pourquoi elle doit changer quoi que ce soit dans son comportement et son attitude : à la limite, ce n’est pas à elle d’adopter l’acquis communautaire pour adhérer à l’Union européenne, c’est, si j’ose dire, à l’Union européenne d’adopter le mode de vie et de comportement turcs, afin que l’adhésion de la Turquie soit possible sans heurts !
Nous pouvons aller encore plus loin : si l’Europe ne veut pas accepter la « particularité turque », comme disent la plupart des politiciens turcs, alors la Turquie constituera à elle seule, un pôle d’attraction, « un centre », plus important que l’Europe et concurrent à celle-ci.
La conclusion est aisément tirée : soit l’Europe cède à la Turquie sans aucune condition, soit elle sera marginalisée dans le monde turco-centrique.


Charalambos Petinos, historien / byzantinologue
Dernier ouvrage paru : « Byzance, la naissance de l’Empire », L’Harmattan, 2012.
A paraitre en avril 2013 : « Où va la Turquie ? Néo-ottomanisme et islamo-conservatisme »

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