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CHYPRE : ΚΥΠΡΟΣ
le 13/2/2014 16:32:01

2014, « Année Costas Montis », poète chypriote

La poésie chypriote, près de trois fois millénaire, a toujours exprimé les aspirations du peuple de l’île tout en suivant les grands mouvements historiques, philosophiques et artistiques mondiaux.
Dans la poésie du vingtième siècle transparait dans un premier temps, la volonté d’indépendance du peuple chypriote. Ensuite, sous l’influence des événements tragiques de 1974 – l’invasion et l’occupation turques d’une partie du territoire du pays – la poésie exprime la détresse, les peines et les luttes des Chypriotes pour leur survie.
Costas Montis figure certainement parmi les poètes les plus représentatifs du vingtième siècle. Il est considéré comme un des plus grands poètes chypriotes de tous les temps. Cette année 2014, déclarée « Année Costas Montis », marque le centenaire de sa naissance et les dix années de sa mort.
Costas Montis, né à Famagouste en février 1914, a publié de nombreux recueils de poèmes, des récits, des nouvelles et des romans. Une grande partie de ses œuvres fut traduite dans plusieurs langues étrangères dont le français, l’anglais et l’italien. Egalement, en 1972, en collaboration avec Gaston-Henry Aufrère et Andréas Christophidès, il a publié l’Anthologie de la poésie chypriote (chez Nagel).
Costas Montis s’inspire des événements contemporains de son pays mais aussi de son passé et de ses traditions, tout en se plaçant dans le courant universel des arts et des idées ; l’influence du surréalisme est évidente sur sa poésie. Il a néanmoins gardé une certaine mesure dans le débordement. Sa poésie, dense et sensible, cherche à toucher la sensibilité du lecteur et à donner un sens positif à la vie et à la société.
Ci-après, un extrait de la « Lettre à ma mère » (traduction de G-H Aufrère), poème qui date de 1965 et qui a été inclus dans l’Anthologie de la Poésie chypriote, citée précédemment :

« Mère, tout est débraillé.
La terre tourne, débraillée, négligée.
Ils l’ont réveillée et l’ont mobilisée
sans préparatifs,
sans préparation pour le fardeau qu’ils
lui destinaient,
sans programmation pour le troupeau
dont on la chargeait.
L’aube n’est pas l’aube, Mère
Les marges des livres ne sont pas
blanches,
les marges de la vie ne sont pas blanches,
elles sont plus textes que les textes,
plus drames que les drames.
Tout est collusion, Mère,
tout est collusion insensée, Mère.
Je t’écrirai encore. »

L’invasion et l’occupation turque de Chypre passent au premier plan dans sa poésie. Il écrit notamment, dans son recueil « Aigri en soi-même » publié en 1975 :
« Regarde, nous rions sur cette photo
et tu sais, elle n’est pas très vieille »


Et un peu plus loin il écrit encore - et terminons avec les mots du poète :
« Et Nicosie, enfant triste
qu’on essaie en vain
de faire sourire »

Charalambos Petinos
Historien / écrivain

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