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COMMUNIQUE : BUREAU DE PRESSE ET DE COMMUNICATION
le 28/5/2005 17:27:03

«QUELLE EUROPE VOULONS-NOUS ?»
PAR COSTAS CARAMANLIS Premier Ministre de Grèce


«QUELLE EUROPE VOULONS-NOUS ?» Une serie du «Figaro»
PAR COSTAS CARAMANLIS Premier Ministre de Grèce

[26 mai 2005]

Aujourd'hui, nous les Européens, nous pouvons nous sentir fiers de notre longue histoire et de notre héritage. A travers nos aventures et nos erreurs et à travers l'expérience unique de la construction de l'Union européenne, nous avons bénéficié de cet enseignement et avons réussi à travailler ensemble dans un esprit de consensus et de synthèse. Nous avons appris à percevoir les points de vue différents comme faisant partie de la mutation européenne et non en tant que menace pour la cohésion européenne. Mais la contribution historique de l'Union européenne ne réside pas seulement dans le fait qu'elle mit fin aux guerres européennes du passé. L'UE est une occasion unique de créer un nouveau système de coexistence politique. Un système qui présente d'immenses possibilités de progrès, de prospérité, de sécurité, d'égalité de chances et de participation.


Nous parcourons aujourd'hui une période cruciale pour l'avenir de l'Union européenne. Après le traité de Maastricht, l'Union économique et monétaire et la réunification de notre continent grâce au récent élargissement, la question se pose désormais de manière impérieuse de savoir quelle Europe nous voulons dorénavant, quelle est notre nouvelle vision pour aller de l'avant. J'ai la conviction qu'aucune politique ne peut se faire sans idées ni vision. Ce sont les visions audacieuses de grands Européens qui ont permis la marche et l'évolution étonnantes de l'édifice européen.


La contribution particulière de la France et de ses éminents dirigeants à ce processus constitue une source d'inspiration pour nous tous. Sur les ruines de l'Europe de l'après-guerre, la France contribua de façon déterminante à l'idée de la reconstruction européenne et constitua la force motrice de l'entreprise européenne. La vision d'une Europe unie reflète la ferme volonté des dirigeants français désireux de parvenir à la pacification de notre continent, d'atténuer les différences nationales, d'étendre la prospérité et le développement économique et social. Deux personnalités politiques françaises, des précurseurs, furent les architectes de l'édifice européen : Robert Schuman, ministre des Affaires étrangères et ancien premier ministre, à l'initiative duquel a été fondée la Communauté européenne du charbon et de l'acier, et Jean Monnet, le «père de l'Europe» qui fut l'inspirateur et le rédacteur de ce projet.

Puisant donc dans cet exemple, il faudra à présent que nous, les héritiers contemporains de cette lourde tradition, nous tracions les lignes directrices et les ambitions de notre marche future.


L'Europe a un devoir historique : celui de ne pas devenir une union d'Etats dirigée seulement par une minorité de puissants, négligeant les intérêts et les espoirs du plus grand nombre. Le principe fondamental de l'UE se fonde sur la recherche d'une Europe qui puise sa force dans la synthèse de toutes ses composantes et dans l'esprit de solidarité, et non pas dans la force isolée de certains Etats.

C'est la raison pour laquelle la réponse au dilemme fondamental entre coopération intergouvernementale et approche communautaire ne peut se trouver que dans une approche communautaire encore plus profonde et substantielle. L'Union doit adopter des politiques communes qui garantissent un espace commun de prospérité, de justice, de sécurité et de chances égales, mais qui respectent aussi parallèlement les particularités, l'identité, la langue et la foi religieuse de chaque entité nationale.

Nous sommes favorables à toute forme de collaboration politique plus étroite, comme, par exemple, l'adoption de la monnaie unique, qui rapproche nos Etats et nos citoyens.


L'Union européenne se doit d'atteindre des rythmes de développement plus rapides, dans un environnement international qui devient de plus en plus compétitif, en créant plus d'emplois. Une des conditions indispensables est de faire face au déficit européen dans l'enseignement, la recherche et la technologie. Mais l'Union doit aussi avoir une face sociale, être en mesure de protéger ceux qui sont défavorisés et préserver des systèmes viables de protection sociale. Dans un cadre plus vaste, nous voulons des politiques redistributrices de cohésion et des efforts soutenus pour combler le fossé des inégalités sociales et régionales.

Il faut faire plus en matière de politique étrangère et de défense commune. L'Union doit rester un partenaire responsable pour ses alliés et un garant de la sécurité contre des dangers non conventionnels et conventionnels, pour tous ses citoyens européens sans exception. Il faut qu'elle bénéficie d'une présence internationale puissante et permanente, qu'elle parle d'une seule voix et que cette voix puise son autorité dans sa crédibilité et son efficacité.


Il est nécessaire que nous coordonnions mieux nos efforts en matière d'immigration, d'asile, de politique de lutte contre le crime organisé et de contrôle commun des frontières extérieures de l'UE. La Grèce connaît et subit ce problème plus que tout autre pays d'Europe. Mais comme le démontre l'expérience européenne commune, ce problème nous concerne tous. Nous saluons les efforts qui ont été accomplis jusqu'à ce jour et nous insistons sur l'importance de ce contrôle commun des frontières européennes extérieures.


Une Europe puissante et unie, telle que nous la visionnons, sera un pôle de paix, de sécurité et de démocratie, même pour les peuples qui se trouvent au-delà de ses limites. Elle peut et doit contribuer à la stabilité internationale et aux évolutions démocratiques dans le monde entier. Pour les pays à vocation européenne, c'est à eux de fixer et de réaliser les réformes nécessaires susceptibles d'aboutir à une harmonisation avec l'acquis européen, à l'adoption et à l'application pleine et entière des principes et des valeurs européennes. Sur cette question, l'Europe ne peut pas se montrer laxiste. L'application pleine et entière des critères garantit la sauvegarde d'un système de valeurs qui constitue le fondement de l'édifice européen. Si ces États respectent cette réalité, il faudra qu'ils en soient récompensés.


La marche impressionnante de cette entreprise unique dans l'histoire a atteint aujourd'hui un tournant décisif avec la signature du premier traité constitutionnel, de la première Constitution de l'Union. Il s'agit là d'un nouvel effort substantiel, d'un grand pas franchi vers l'intégration européenne. Il se peut que ce texte ne résolve pas tous les problèmes, il constitue toutefois une étape importante dans la concrétisation de notre vision d'un avenir européen commun : une Europe plus politique, plus démocratique, plus proche du citoyen. Ce texte comporte également de nombreux éléments positifs qui améliorent la gouvernance d'une Union élargie, la rendant plus fonctionnelle et efficace. Nous tous, Européens, conscients de notre responsabilité vis-à-vis de la construction historique de l'édifice européen, sommes appelés aujourd'hui à confirmer ce grand pas.

Tout ce qui a été accompli jusqu'à présent dans la marche de l'Union européenne prouve que les possibilités sont illimitées. Nous devons gagner la confiance des citoyens en affirmant notre volonté d'atteindre nos buts, mais également les possibilités qu'offre notre vision. Il suffit que nous ne perdions pas notre vision. C'est là notre force. La force qui fait que l'Union européenne progresse depuis toutes ces années.

Premier Ministre de Grèce.

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