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CHYPRE : ΚΥΠΡΟΣ
le 30/12/2010 13:22:18

CHYPRE : Le nettoyage ethnique du passé

Article de M. Charalambos Petinos, Historien/byzantinologue

Le nettoyage ethnique du passé

«.. .Le vandalisme et la profanation sont si méthodiques et si répandus qu'ils correspondent à l'anéantissement de tout ce qui est sacré pour les Grecs... » (J. Fielding, "The Rape of Northern Cyprus" The Guardian (Londres), 6 mai 1976).

Les pilleurs de tombes ont fait feu de tout bois — guerres, catastrophes naturelles ou troubles politiques — pour exercer leurs talents sur une grande échelle.
La lutte contre le pillage et le vol est une tâche encore bien plus difficile pour Chypre. La Turquie laisse faire les chasseurs de trésors et les pilleurs à s’adonner à détruire et à voler sans restriction et permet aux promoteurs immobiliers de construire à l’emplacement de sites archéologiques majeurs. Cela contribue à effacer le caractère de l’île, accomplissant ainsi ce que le temps n’a pas réussi à faire.

La presse chypriote turque fait régulièrement état de ces destructions et vols. La ruée vers les trésors religieux et historiques chypriotes a commencé avec le débarquement des troupes turques. Le « nettoyage » culturel s’est accompagné du nettoyage ethnique avec l’expulsion par la force des quelques 162 000 Chypriotes grecs qui vivaient dans cette partie de l’île, devenus réfugiés dans leur propre pays. Souvent les gens pouvaient apercevoir leurs maisons de l’autre coté de la ligne de démarcation sans pouvoir y aller. Depuis 2003 et l’ouverture de quelques points de passage, c’est souvent que les Chypriotes grecs rendent visite à leurs maisons et propriétés qu’ils ne peuvent toujours pas exploiter et utiliser.

Sites archéologiques, musées, églises, monastères, châteaux, bibliothèques, collections privées : rien n’a échappé aux pilleurs.

Si le patrimoine culturel chypriote a subi tant d’outrages c’est évidemment parce que la Turquie l’a permis. De cette manière, tout ce qui rappelait la grécité et l’orthodoxie, caractéristiques millénaires de l’île de Chypre, a été physiquement éliminé. En plus, les noms des lieux ont été changés effaçant ainsi toute trace du passé de la région.

Ni la communauté internationale ni les injonctions d’un certain nombre d’archéologues turcs qui ont recommandé de dresser un inventaire des trésors archéologiques et des œuvres d’art byzantines et de créer un corps permanent d’experts, sous la houlette d’un archéologue expérimenté, n’ont pu éviter le nettoyage culturel, au mépris des conventions et pratiques internationales. La Convention de La Haye de 1954 est clair là-dessus :


Deuxième Protocole relatif à la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé La Haye, 26 mars 1999
Article 9 Protection des biens culturels en territoire occupé


Sans préjudice des dispositions des articles 4 et 5 de la Convention, toute Partie occupant totalement ou partiellement le territoire d'une autre Partie interdit et empêche, en ce qui concerne le territoire occupé:
a. toute exportation, autre déplacement ou transfert de propriété illicites de
biens culturels;
b. toute fouille archéologique, à moins qu'elle ne soit absolument indispen-
sable aux fins de sauvegarde, d' enregistrement ou de conservation de biens
culturels;
c. toute transformation, ou changement d'utilisation, de biens culturels visant à
dissimuler ou à détruire des éléments de témoignage de caractère culturel,
historique ou scientifique.
2. Toute fouille archéologique ou transformation ou changement
d'utilisation de biens culturels d'un territoire occupé doit s'effectuer, à moins que les circonstances ne le permettent pas, en étroite coopération avec les autorités nationales compétentes dudit territoire.

L’exemple de la cité antique de Salamine en est l’illustration frappante : les entrepôts qui abritaient le produit des fouilles avaient été pillés. La ville qui, d’après la légende, aurait été fondée après la guerre de Troie par Teucer, frère d’Ajax et fils de Telamon, roi de l’île de Salamine en Grèce, les baraquements de l’expédition française ainsi que ceux du département chypriote des antiquités avaient été saccagés, les meubles, les équipements et les fournitures éparpillés. Tout a été détruit. Par la suite, les objets collectés et les documents scientifiques ont été confisqués par les autorités turques, privant ainsi les archéologues du fruit de vingt ans de recherches.

En plus, en 1999 l'Université d'Ankara a entrepris des fouilles archéologiques à Salamine en violation de toutes les conventions et recommandations internationales. Le professeur Coskun Ozgunel de cette université de Turquie a pris possession des sites, sans aucune considération d'éthique scientifique et sans aucun respect des droits de ses collègues chypriotes et français qui avaient laborieusement travaillé plusieurs dizaines d'années à Salamine. Ce professeur dirige une fouille extensive, avec l'assistance d'étudiants turcs et d'étudiants de la soi-disant Université du Moyen Orient qui a ouvert ses portes dans la partie occupée de Chypre. S'étant approprié la maison de fouilles de la Mission française, il a entrepris de faire des sondages en de nombreux points du site archéologique de Salamine dans l'intention de découvrir un endroit où la fouille lui donnerait des résultats rapides et spectaculaires. Il a finalement choisi un bâtiment romain, sans doute une villa avec des bains, situé à l'ouest du Gymnase, dont les murs étaient visibles à la surface du sol avant même la fouille. Le Département des Antiquités de Chypre a dûment protesté auprès de l'UNESCO au sujet des fouilles turques illicites effectuées sur le site de Salamine et prend des mesures afin de faire connaître au monde savant international l'action moralement inacceptable de l'Université d'Ankara et de la faire condamner. Ce qui se passe à Salamine à l'encontre des intérêts légitimes de ses précédents fouilleurs, chypriotes et français, peut survenir partout où une armée étrangère occupe un territoire archéologique. Les scientifiques doivent appliquer la déontologie qui convient à la science et ne jamais se laisser utiliser par d'autres à des fins illicites ( voir à ce sujet l’excellente publication du Comité National Chypriote de l’ICOMOS « Salamine de Chypre »)

Le nombre d’icônes volées est estimé à 16 000, et à 60 000 les objets volés et exportés illégalement. Au milieu des années 1970, les antiquités chypriotes passées en contrebande en Grande-Bretagne ont été saisies et retirées des catalogues des grandes maisons de ventes aux enchères.

Un procès, actuellement en cours en Allemagne, oppose la République de Chypre à Dikmen. Tombé dans un guet-apens tendu par la police de Munich, le marchand turc a été pris au moment où il vendait des antiquités volées. Quelques 8 000 pièces — dont 3 500 en provenance de Chypre — furent saisies.

Si la division de l’île est déplorée par tous les Chypriotes grecs ou turcs, l’ouverture partielle en avril 2003 de la Ligne verte qui partage l’île en deux a permis aux Chypriotes grecs de découvrir le délabrement de leurs églises et de leurs cimetières. Face à ce constat, architectes et ingénieurs des deux communautés ont décidé d’unir leurs forces. Ils ont réalisé un relevé de situation des quelque 620 édifices religieux que compte l’île : 505 églises chrétiennes et 115 lieux de culte musulmans.

L’enquête montre clairement que la majorité des mosquées du sud, là où le gouvernement internationalement reconnu s’est efforcé de les préserver, sont bien entretenues alors que la plupart des églises et des monastères du nord sont dans un triste état.

Au niveau archéologique, la situation est encore plus alarmante : toute une partie du patrimoine chypriote – partie intégrante du patrimoine de l’humanité – est en train de disparaître définitivement.

La destruction et l'anéantissement systématiques et délibérés du patrimoine culturel chypriote sont la touche finale dans la politique turque de nettoyage ethnique et de colonisation de la partie occupée de Chypre. Cette destruction est une conséquence tragique et irréversible de l'invasion turque. La Turquie agit en violation du droit international et d'importantes conventions internationales qu'elle a signées et ratifiées (y compris la Convention de l'UNESCO de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé, la quatrième Convention de Genève de 1949et la Convention de l'UNESCO de 1970 sur l'importation, l'exportation et le transfert de propriété illicites de biens culturels).

Les dimensions prises par cette destruction sont à la mesure de la tentative d’effacer le caractère de l’île. Cela concerne :


* La destruction de sites et de monuments historiques anciens
* Le pillage de musées et d'autres collections privées
* La destruction et la profanation de sites religieux importants pour les
Chypriotes orthodoxes, maronites et arméniens.
* Les changements délibérés du nom des sites historiques, des villes et des
villages dans une tentative d'effacer le passé historique documenté de l'île
* La destruction et la disparition d'objets anciens historiques et d'importants
objets de culte, tels que des icônes, vêtements sacerdotaux, livres et articles
précieux utilisés dans des services religieux
* L'arrachage et la vente illicite de fresques historiques et de mosaïques de sites
religieux désignés et protégés par l'UNESCO.

La richesse historique de Chypre occupée est prouvée par la présence de:

* 31 sites archéologiques importants et cimetières anciens
* 11 forteresses, tours et fortifications importantes
* 37 maisons et ponts historiques classés
* plus de 500 églises, monastères et chapelles.

Le sort des églises et des monastères (orthodoxes, maronites et arméniens) témoigne de cette politique :
* 125 églises ont été transformées en mosquées, une vieille tradition islamique
dans les territoires occupés
* 67 ont été transformées en écuries ou en entrepôts de foin
* 57 sont devenues des musées, des centres culturels et des hôtels
* 17 sont devenues des auberges, des restaurants et des entrepôts militaires
* 25 ont été démolies
* 229 ont été totalement profanées.


Afin d'essayer de limiter les dommages causés au patrimoine culturel chypriote, le gouvernement de la République et l'Eglise de Chypre sont réduits à parcourir les musées et les salles de vente aux enchères étrangères pour identifier les objets historiques et religieux volés et demander leur restitution. En coopération avec les fondations chypriotes, ils ont également investi dans la récupération de tels biens du marché international. En outre, des accords ont été conclus en vue de la conservation temporaire d'objets à l'étranger, comme dans le cas de la Fondation Menil de Houston.

Un cas d’école : La récupération des mosaïques de Kanakaria

L'Eglise de Chypre a également recouru à des tribunaux étrangers pour récupérer les objets religieux pillés. Le cas de l'affaire faisant jurisprudence des mosaïques de Kanakaria devant le tribunal d'instance des Etats-Unis pour le district méridional de l'indiana à Indianapolis en est un exemple. L'affaire concernait la propriété des mosaïques byzantines du VIe siècle pillées de l'église de Kanakaria, dans la région occupée de Chypre. Les mosaïques avaient été arrachées scientifiquement par des contrebandiers d'antiquités turcs et vendues à un marchand d'art américain pour 1,2 millions de dollars. La Cour ordonna, le 3 août 1989, la restitution des mosaïques pillées à leur propriétaire légitime, l'Eglise de Chypre.

La bataille perpétuelle pour la protection du patrimoine culturel chypriote et le refus de la Turquie à coopérer avec l'UNESCO et d'autres institutions internationales afin de protéger le patrimoine culturel chypriote est un exemple supplémentaire de la politique délibérée de la Turquie d'éradication de la présence historique chypriote grecque de la partie occupée de Chypre.

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