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CHYPRE : ΚΥΠΡΟΣ
le 10/9/2014 15:32:34

Chypre : Une Eglise Οrthodoxe autocéphale


45 après J.-C.: Saint Barnabé, natif de Chypre et cousin de l’évangéliste Marc, débarque à Salamine en compagnie de saint Paul pour venir prêcher la nouvelle religion qui est le christianisme.

Selon les Actes des Apôtres, l’Eglise de Chypre fut fondée vers le milieu du 1er siècle par saint Barnabé, natif de Chypre, et saint Paul, qui ont réussi à convertir au christianisme le proconsul romain, gouverneur de l’île, Sergius Paulus.
Bien que l’évangélisation de l’île remonte aux temps apostoliques donc, la première hiérarchie cléricale sûrement attestée remonte seulement au concile de Nicée auquel prirent part les évêques insulaires. L’Eglise chrétienne de l’île, malgré les conditions favorables que lui procuraient son origine apostolique et le prestige de ses fondateurs, ne s’est pas imposée sans difficultés : les persécutions d’une part et la force de la foi païenne de l’autre, ont constitué des obstacles majeurs à son développement. A cet égard nous n’avons qu’à prendre l’exemple de Tychon, évêque d’Amathonte au milieu du IVème siècle, pour nous en rendre compte. En effet, un récit précise que Tychon lors d’une visite à Paphos, a été désagréablement surpris par la vigueur du culte dédié à Aphrodite ; du coup il a essayé d’éloigner le peuple de la ville des mystères et des fêtes païennes dédiés à la déesse de l’Amour. Même après la reconnaissance du christianisme par l’Etat, la foi païenne reste encore fortement implantée.
C’est-à-dire que la paix constantinienne n’a pas signifié une victoire finale facile pour le christianisme. La nouvelle religion devait faire face au paganisme encore très fort, notamment dans les milieux intellectuels. Elle devait aussi affronter le danger provenant de l’intérieur, dû à l’interprétation différente de certains points de doctrine.
Le christianisme antique est sorti assez rapidement d’une période doctrinalement assez fluide où des courants différents se côtoyaient et s’entrecroisaient. A mesure qu’ils se faisaient plus précis et plus exigeants, l’effort de réflexion sur les données essentielles de la foi et la volonté de les formuler en un ensemble structuré et cohérent et en un langage rationnel se faisaient sentir ; la marge de liberté dans leur interprétation est allée en se rétrécissant de plus en plus.
L’Eglise a fait face à cette situation au moyen des conciles auxquels participait une grande partie du haut clergé de l’Empire. Il faut rappeler que les IVème et Vème siècles qui nous intéressent, particulièrement pour ce qui est de la transformation du christianisme en religion d’Etat, font partie autant de l’histoire romaine que de l’histoire byzantine et constituent une époque typique de transition avec ses continuités et ses ruptures. L’acheminement de l’imperium romain vers l’Empire byzantin fut lent et progressif. L’époque précédant cette transition est marquée par des crises multiples au sein de l’Empire et ont abouti aux réformes de Dioclétien (système de la Tétrarchie, réforme administrative, réforme de la fiscalité, politique de romanisation, etc.). Ce processus s’est accéléré avec l’avènement de Constantin qui fait de l’Empire un monde nouveau : rompant avec le passé, il soumet à une monarchie un empire chrétien ou, plus précisément, mis en situation de l’être. L’empereur a saisi l’air de temps en choisissant d’imposer une religion monothéiste à une monarchie (nous verrons dans un article ultérieur la politique de Constantin en matière religieuse).
Quant à Chypre, à partir de 330 elle constitue une province du Diocèse d’Orient qui dépend de la Préfecture d’Orient. Elle est gouvernée par un consulaire envoyé d’Antioche, chef-lieu du Diocèse. L’île fut divisée en quatorze districts dont les chefs-lieux sont : Salamine, Citium, Amathonte, Ceryneia, Paphos, Arsinoe, Soli, Lapethus, Ledrae, Chytri, Tamassus, Curium, Trémithonte et Carpasiae.
A propos des conciles, notons également que les participants débattaient des problèmes doctrinaux du moment et à la fin, ils soumettaient au vote les différentes propositions. La proposition qui obtenait la majorité des voix était considérée comme la vérité universelle et devait être appliquée partout (canon). En outre, les travaux des conciles n’étaient pas axés seulement sur les questions concernant la doctrine ; les évêques se penchaient aussi sur des problèmes généraux tels que l’organisation et l’administration de l’Eglise. En fait le christianisme gagnant sa liberté depuis Constantin, veut se fixer une doctrine et une pratique bien définies et universelles.


(Article introductif à une série qui suivra, sur le même sujet)

Charalambos Petinos, historien / écrivain
Derniers ouvrages parus :
L’Evangile de Barnabé, Edilivre, Paris, 2014.
Le jour où l’Euro(pe) a basculé, Mon Petit Editeur, Paris, 2014.

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