NICE
Cinéma "L'instituteur rouge" le 16 janvier
COMMUNAUTE GRECQUE des ALPES-MARITIMES
Clair de lune, 1 rue Aurore , 06000 Nice
Tél : 04 97 07 06 50
Fax : 04 93 84 23 31
E-mail : catherine.hadjopoulou@wanadoo.fr
Site : www.cgdam.org
Présidente - Πρόεδρος : Mme Catherine HADJOPOULOU
PROJECTION-DEBAT DU DOCUMENTAIRE
L'instituteur rouge
un film de Stelios Charalampopoulos
le Vendredi 16 janvier 2026 à 20h00
au Cinéma Jean-Paul Belmondo, 16 PL Garibaldi, 06300 Nice
Le tragique destin d'un homme intègre pris dans les tourments de l'Histoire.
NIKOS PLOUMPIDIS : une figure martyre, dont le drame est intimement lié aux conditions tragiques d'une époque marquée par la persécution des vaincus de la guerre civile, l'intolérance et l'anticommunisme, mais aussi par les douloureuses contradictions existant au sein du Parti communiste grec.
Dans la Grèce d'après-guerre deux procès politiques suivis d’exécutions ont laissé une empreinte indélébile : le procès de Nikos Belogiannis (« L'homme à l΄ œillet») et de ses collaborateurs, ainsi que celui de Nikos Ploumpidis.
Ces deux dirigeants du Parti Communiste Grec (KKE), alors illégal, se sont retrouvés pris dans le tourbillon des violents conflits et des passions et, en cette époque de guerre froide, appartenant au camp des vaincus de la guerre civile, ils seront victimes d'une part, de la vengeance des vainqueurs et d'autre part, de la politique opportuniste et incohérente de Nikos Zachariadis, le chef du parti communiste grec. Leurs exploits dans la Résistance nationale contre les occupants ne suffiront pas à les sauver du peloton d'exécution, malgré le tollé suscité par ces exécutions et la mobilisation internationale en faveur d'une grâce, surtout en ce qui concerne Belogiannis.
Mais l'Histoire ne s’est pas montrée aussi juste pour les deux. Belogiannis est parti avec les honneurs devenant un martyre pour ses camarades à travers le monde, tandis que Ploumpidis est parti seul, calomnié par ses ennemis et ses amis, déshonoré. Bien que stigmatisé et exclu du parti communiste, Ploumpidis a refusé de renier ses principes et de signer une déclaration de repentance, ce qui lui aurait sauvé la vie. Lors de son procès, il a défendu avec passion son idéologie et son parti, alors que ce dernier l'avait injustement dénoncé comme informateur et provocateur. Il fut exécuté en acclamant le KKE, tandis que ses camarades publiaient un communiqué affirmant que l'exécution n’était qu’une mise en scène et que le « traître » était parti en Amérique et profitait des fruits de sa trahison. Après la mort de Staline, la destitution de Zachariadis de la direction du parti et surtout après le 20e congrès du PCUS et les changements qui s'annonçaient dans le mouvement communiste international, une timide réhabilitation de Nikos Ploumpidis a été signifiée en privé à son épouse puis des années plus tard, dans une publication à diffusion limitée du parti. En substance, Ploumpidis reste une blessure non cicatrisée pour le monde de gauche – du moins pour une partie de celui-ci – et certainement, sinon une page noire, du moins une page floue de son histoire.
Le fait est que, très tôt, avant d'entrer en contact avec les idées de gauche, Ploumpidis se révolte contre l'injustice et l'exploitation dont sont victimes les paysans et, dans le village où il est nommé instituteur pour la première fois, il contribue à leur auto-organisation et à leur lutte. Parallèlement, il supprime les « privilèges » de l'enseignant, aide les plus démunis avec son maigre salaire, convainc les parents d'envoyer leurs filles à l'école. Bien qu’issu d'une famille royaliste, comme il le dit lui-même « on me traitait « de communiste » sans que j'aie la moindre idée de ce qu'était le communisme ».
La cohérence avec laquelle il a servi ses idées, ses luttes contre la dictature du 4 août (1936-1941) et contre les occupants germano-italiens, sa persuasion et sa capacité à inspirer les masses ont abouti à l'incroyable mobilisation du peuple athénien pour lutter contre la famine due à l'occupation, le marché noir et les mesures de mobilisation politique prévues par les fascistes. Les vertus et les réalisations de Ploumpidis ont été unanimement reconnues par ses camarades et ses adversaires. Et pourtant, cet homme quittera la vie avec le « stigmate » du traître, désespérément seul, loin de sa famille, avec l'amertume d'une injustice flagrante, victime sans défense d'une accusation grossière.
Tous ces éléments incitent à voir Nikos Ploumpidis comme un personnage tout droit sorti d'une tragédie antique. Le drame personnel et le destin collectif façonnent ce héros prométhéen qui se sacrifie pour le bien de tous. Le prix à payer est lourd, car il marchera vers la mort sans défense, avec pour seule arme la profonde conviction qu'il laisse à son enfant un nom honorable. Littéralement et métaphoriquement, un souhait pour les générations futures de réhabiliter son nom.
Le film s'inscrit dans le genre poétique déclaré dans son titre, passant du deuil à l'épopée et vice-versa. Le conflit entre la douleur existentielle et le projet social délimite le cadre narratif et, en même temps, encadre l'individu, on a la micro-histoire dans la grande Histoire.
Les notes autobiographiques et les lettres qui ont été conservées, au-delà d'être des textes politiques, nous révèlent de manière vivante l'homme, son monde psychique dans des situations limites de la vie, avec ses moments de faiblesse mais aussi de grandeur, et la patience avec laquelle il affronte ses accusateurs gardant une foi inébranlable en ses idéaux. Pendant son procès et jusqu'à son exécution, Ploubidis ne se bat pas pour sa vie et sa postérité, mais pour ses idées. Il veut que celles-ci restent intactes et pures dans l'histoire. Cette valeur exemplaire de l'éthique, élément organique de la tragédie antique, caractérise le cas de Nikos Ploumpidis.
C'est avec cette auréole qu'il a traversé les années, et son histoire continue de susciter à la fois tristesse et admiration. Ploumpidis sans cesser d'appartenir à un contexte historique particulier, devient en même temps un personnage tragique qui transcende son époque, un exemple intemporel d'éthique et d'altruisme.
Son discours dans le film coexiste avec celui des historiens et de son fils, Dimitris Ploumpidis, éminent psychiatre. Parallèlement, des documents d'actualité de l'époque, des photos, des enregistrements audio et des documents écrits éclairent le parcours de cette figure emblématique du XXe siècle mouvementé.

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